Others
The Excommunicated
19th Aug 2013Posted in: Others, The Confederation Poets 0

LES EXCOMMUNIÉS.


THE EXCOMMUNICATED.
An Episode in the History of Canada.
AND
LE DRAPEAU ANGLAIS.


THE BRITISH FLAG.
[page 1]

LES EXCOMMUNIÉS.


Voyez-vous, sur le bord de ce chemin bourbeux,
Cet enclos en ruine où broutent les grans bœufs?
Ici, cinq paysans—trois hommes et deux femmes—
Eurent la sépulture ignoble des infâmes!

Cette histoire est bien triste, et date de bien loin.

Comme un soldat mourant la carabine au poing,
Québec était tombé. Sans honte et sans mystère,
Un Bourbon nous avait livrés à l’Angleterre!

Ce fut un coup mortel, un long déchirement,
Quand ce peuple entendit avec effarement,
—Lui qui tenait enfin la victoire suprême,—
Par un nouveau forfait souillant son diadème,
Le roi de France dire aux Saxons: Prenez-les!
Ma gloire n’en a plus besoin; qu’ils soient Anglais!

O Lorraine! ô Strasbourg! si belles et si grandes,
Vous, c’est le sort au moins qui vous fit allemandes!

Des bords du Saint-Laurent, scène de tant d’exploits,
On entendit alors soixante mille voix
Jeter au ciel ce cri d’amour et de souffrance:
—Eh bien, soit! nous serons français malgré la France!

Or chacun a tenu sa parole.  Aujourd’hui,
Sur ce lâche abandon plus de cent ans ont lui;
Et, sous le sceptre anglas, cette fière phalange
Conserve encore aux yeux de tous, et sans mélange,
Son culte pour la France, et son cachet sacré.

Mais d’autres, repoussant tout servage exécré,
Après avoir brùlé leur dernière cartouche,
Refermés désormais dans un orgueuil faronche, [page 2]

 

THE EXCOMMUNICATED.


In yon rough plot beside the muddy road,
Where on wild herbage heavy cattle browse,
Five peasants lie—two women and three men—
Whose burial rites were such as felons have.

The tale is sad and dates from long ago.

Like soldier dying with his arms in hand,
Quebec had fallen. Without disguise or shame,
A Bourbon sold us to our English foes!

Mortal the blow and long the agony
Felt when our people heard with wild dismay,—
—They who had gained the last great victory,—
The King of France—(soiling with new disgrace
His diadem)—say to the Saxon,—Take them!
My glory needs them not; let them be English!

O Strasbourg! O Lorraine, so fair so great,
’Twas fate at least that made you German land!

Along St. Lawrence, scene of gallant deeds,
The voice of sixty thousand souls was heard
Raising to Heaven their cry of love and grief;
—So be it! We’ll be French despite of France!

And each has kept his word.  And now to day,
A century since this base abandonment,
And under English rule, this faithful band,
Still cherish openly and unalloyed,
Their sacred love for France, and her impress.

But some who spurned all hateful servitude,—
When their last cartridge had been spent in vain,
Nursing their wrath in gloomy, savage pride, [page 3]

Révoltés impuissants, sans crainte et sans remord,
Voulurent, libres même en face de la mort,
Emporter au tombeau leur éternelle haine…

En vain l’on invoqua l’autorité romaine;
En vain, sous les regards de ces naïfs croyants,
Le prête déroula les tableaux effrayants
Des châtiments que Dieu garde pour les superbes;
En vain l’on épuisa les menaces acerbes;
Menaces et sermons restèrent sans succès!
—Non! disaient ces vaincus; nous sommes des Français;
Et nul n’a le pouvoir de nous vendre à l’enchère!

La foudre un jour sur eux descendit de la chaire:
L’Église, pour forcer ses enfants au devoir,
A regret avait dû frapper sans s’émouvoir.

Il n’en resta que cinq:

                                      Ceux-là furent semblables,
Dans leur folie altière, aux rocs inébranlables:
Ils laissèrent gronder la foudre sur leurs fronts,
Et malgré les frayeurs, et malgré les affronts,
Sublimes égarés, dans leur sainte ignorance,
Ne voulurent servir d’autre Dieu que la France!

La vicillesse arriva; la mort vint à son tour.
Et, sans prêtre, sans croix, dans un champ, au détour
D’une route fangeuse où la brute se vautre,
Chaque rebelle alla dormir l’un aprés l’autre.

Il n’en restait plus qu’un, un vieillard tout cassé,
Une embre! Pius d’un quart de siòcle avait passé
Depuis que sur son front pesait l’àpre anathème.
Penché sur son bâton branlant, la lèvre blème,
Sur la route déserte on le voyait souvent,
A la brune, rôder dans la pluie et le vent,
Comme un spectre. Parfoi détournant les paupières
Pour ne pas voir l’enfant qui lui jetait des pierres, [page 4]

Important rebels, without fear or shame,—
Determined, free and in the face of death,
To carry to the grave their deathless hate.

And vainly was the power of Rome invoked;
And vainly in her simple followers’ ears,
The priest read out the fearful catalogue
Of pains reserved by God for stubborn souls;
In vain exhausted all its awful threats;
Nor threatenings nor sermons aught availed!
No! said the vanquished; we are Frenchmen still,
No man has power to set us up for sale!

At length the thunder from the pulpit came:
The Church to force her children to obey,
Struck with regret, but calmly resolute.

Five only braved the blow;—but these resembled
In their proud folly, the unshaken rock;
They let the thunder growl above their heads,
And in despite of insult and of fears,
Sublimely mad, in holy ignorance,
Refused to bow to any God but France!
Old age crept on them,—death came in its turn,—
And without priest, or cross, in that rough plot,
Close by the muddy road, where cattle browse
These stubborn souls lay down in turn to sleep.

One yet remained, a broken-down old man,
A shadow; five and twenty years had passed
Since on his head the anathema had fallen.
Bowed on his trembling staff, with whited lip,
On the deserted road he oft was seen
At twilight, wandering in the rain and storm,
Spectre-like,—turning oft his eyes away,
To shun the child that pelted him with stones, [page 5]

Il s’enfonçait tout seul dans les ombres du soir,
Et plus d’un affirmait avoir eru l’entrevoir
—Les femmes du canton s’en signaient interdites—
Agenouillé la nuit sur les tombes maudites.

Un jour on l’y trouva roide et gelé.

                                                     Sa main
Avait laissé tomber sur le bord du chemin
Un vieux fusil rouillé, son arme de naguère,
Son ami des grand jours, son compagnon de guerre,
Son dernier camarade et son suprême espoir.

On creusa de nouveau dans le sol dur et noir;
Et l’on mit côte à côte, en la fosse nouvelle,
Le vieux monsquet français avec le vieux rebelle!

Le peuple a convervé ce sombre souvenir.
Et lorsque du couchant l’or commence à brunir,—
Au village de Saint Michel de Bellechasse,
Le passant, attardé par la pêche ou la chasse,
Craignant de voir surgir quelque fantôme blanc.
Du fatal carrefour se détourne en tremblant.

Done, ces cinq paysans n’eureut pour sépulture
Qu’un tertre où  l’animal vient chercher sa pâture!
Ils le méritaient, soit! Mais on dira partout
Qu’ils furent bel et bien cinq béros après tout!

Je respecte l’arrêt qui les frappa, sans doute;
Mais lorsque le hazard me met sur cette route,
Sans demander â Dieu si j’ai tort en cela,
Je découvre mon front devant ces tombes là!

                                     LOUIS FRÉCHETTE. [page 6]

He plunged alone into the shades of night.
And more than one affirmed to having seen him,
—The village women crossed themselves in fright—
Kneeling in darkness by the unblessed graves.

One day they found him frozen stiff; his hand
Had in its weakness on the road let fall
An ancient rusted gun,—his old-time weapon,
His friend in the brave days,—his war companion,
His latest comrade and his supreme hope.

They dug into the black and hardened soil,
And laid in that new grave, and side by side,
The old French musket and the old-time rebel.

The people cherish yet this sad remembrance;
And when the sunset gold fades into grey,
The passer through St. Michel de Bellechasse,
Belated at his sport with rod or gun,
Fearing to see some sheeted spectre rise,
Turns trembling from the fatal spot away.

So these five peasants had for burial place,
Five little mounds where cattle seek their food!
Deserved it,—yes—perhaps! Yet men will say
They were in truth five heroes after all!

I bow, no doubt, to the decree that struck them,
Yet, when by chance I pass along that road,
—Not asking God if I be right or wrong—
I pause—uncovered—near those lowly graves! 

                                         G. W. WICKSTEED.

 

This story is true.  Dr. Fréchette gives the names of the five, viz: Marguerite Racine,—Laurent Racine,—Félicité Doré,—Pierre Cadrain,—Jean Baptiste Racine, father of Laurent;—and that of the Bishop of Québec, who pronounced the Anathema,—Monseigneur Briand. [page 7]

 

LE DRAPEAU ANGLAIS.


Regarde, me disait mon père,
Ce drapeau vaillamment porté;
Il a fait ton pays prospère,
Et respecte ta liberté.

C’est le drapeau de l’Angleterre;
Sans tache, sur le firmament,
Presque à tous les points de la terre
Il flotte glorieusement.

Oui, sur un huitième du globe
C’est l’étendard officiel;
Mais le coin d’azur qu’il dérobe
Nulle part n’obscurcit le ciel.

Il brille sur tous les rivages;
Il a semé tous les progrès
Au bout des mers les plus sauvages
Comme aux plus lointaines forêts.

Laissant partout sa fière empreinte,
Aux plus féroces nations
Il a porté la flamme sainte
De nos civilisations.

Devant l’esprit humain en marche
Mainte fois son pli rayonna,
Comme la colombe de l’arche,
Ou common l’éclair du Sina.

Longtemps ce glorieux insigne
De notre gloire fut jaloux,
Comme s’il se fût cru seul digne
De marcher de pair avec nous, [page 8]

 

THE BRITISH FLAG.


Behold, my son, my father said,
That gallant banner bravely borne;
It made thy country prosperous,
And hath respected liberty.

That banner is the British Flag;
Without a stain, beneath the sky,
O’er almost every coin of earth
It floats unfurled triumphantly.

Over an eighth part of the globe
It waves, the ensign of command;
Covering a little patch of blue,
But nowhere dimming heaven’s light.

It waves o’er every sea and shore;
And carries progress where it flies;—
Beyond the farthest ocean’s verge,
And to remotest forest lands.

Leaving on all its proud impress;—
To wildest tribes of savage men
It comes the harbinger of light
And civilizing arts of life.

And in the march of intellect,
How often hath it shown the way,
Like the dove loosed from out the ark,
Or Sinai’s guiding column’s glow.

Of old that glorious flag with ours
A jealous rivalry maintained;
Deeming itself the only peer
Of ours in the race for fame. [page 9]

Avec lui, dans bien des batailles,
Sur tous les points de l’univers,
Nous avons mesuré nos tailles
Avec des résultants divers.

Un jour, notre bannière auguste
Devant lui dut se replier;
Mais alors s’il nous fut injuste,
Il a su le faire oublier.

Et si maintenant son pli vibre
A nos remparts jadis gaulois,
C’est au moins sur un peuple libre
Qui n’a rien perdu de ses droits.

Oublions les jours de tempêtes;
Et, mon enfant, puisque aujourd’hui
Ce drapeau flotte sur nos têtes,
Il faut s’incliner devant lui.

—Mais, père, pardonnex si j’ose…
N’en est-il pas un autre, à nous?
—Ah! celui-là, c’est autre chose:
Il faut le baiser à genoux!

                    LOUIS FRÉCHETTE. [page 10]

In many a famous battle then;
In every quarter of the world,
With ours it measured strength with strength,—
Victor and vanquished each in turn.

One day our fleurs de lys were doomed
Before that rival flag to bow;
But if it wrought us sorrow then,
It since has taught us to forget.

And if to-day it floats above
Those ramparts that were French of yore,
It waves above a people free,
And losing nothing of their rights.

Let us forget the stormy days;
And since, my son, we have to-day
That banner waving o’er our heads,
We must salute it reverently.

—But, father,—pardon if I dare;—
Is there not yet another,—ours?—
—Ah! that,—that’s quite another thing;—
And we most [sic] kiss it on our knees.

                                   G. W. WICKSTEED. [page 11]
[blank page]
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